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Recherche et échange de témoignages sur une institution aujourd'hui disparue : l'Ecole Normale d'Instituteurs (ou d'Institutrices)

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Jean PALMERO (2)

JEAN PALMERO (1912-1999)


Evoquer jean Palméro, huit ans après sa mort, demeure pour moi bonheur et tristesse. Bonheur, parce que partout où il est passé, cet homme a rayonné par l'élégance de l'attitude, de la pensée, de l'action et qu'il est émouvant de le rappeler. Tristesse - et j'en parle à titre personnel - parce qu'après m'avoir tant d'années accordé son amitié, il est mort alors que j'étais depuis quelques jours très loin de Paris, le 15 janvier 1999, et que je n'ai pas pu l'accompagner au cimetière parisien d'Ivry.

Quiconque l'a connu à l'E.N. de Privas ne peut l'oublier. Ce regard pénétrant de Méditerranéen, cette voix brève, persuasive, cette confiance qu'il témoignait à chacun d'entre nous, cette façon de rendre responsables de leur vie des adolescents tout juste sortis du B.E.P.C., cette constante fermeté dans les idéaux républicains et démocratiques, cette constance dans la fidélité aux Associations départementales des Causes Laïques, sans compter son expérience de parlementaire attaché à la souveraineté du peuple, cela fait de lui un directeur d'Ecole Normale d'une exceptionnelle dimension. Comme il nous respectait éminemment en nous chargeant de la formation des enfants que nous aurions un jour à éduquer, nous lui rendions aisément cette considération. Pas une prestation de la « Belle Equipe » dans le département sans qu'il y fût; pas une manifestation à caractère social ou mutualiste, en Ardèche, sans qu'il y participât. Il est resté toute sa vie un militant dont la caractéristique principale est, à coup sûr, la dignité.


Je vins à Paris en 1968-69, effectuer un stage d'une année à St Cloud. Il attendait ma visite qui ne tarda pas. Quittant Paris et mettant de côté son passage au Palais Bourbon sous les couleurs socialistes, il avait pris la direction de l'E.N. de Troyes. Mais, pour favoriser les études de sa fille Danielle, il avait ensuite opté pour un poste d'I.D.E.N à Paris. Il recevait, soit dans l'appartement qu'il occupait rue des Laitières à Vincennes, en compagnie de Mme Palméro et de Danielle, soit, un peu plus tard, dans son bureau de la rue de Picpus. (XIIe arrondissement). Il était un conseiller hors pair pour le débutant - dans une nouvelle fonction - que j'étais et j'ai pu mesurer alors l'attachement que lui portaient les enseignants de sa circonscription, une circonscription qu'il arpentait de son pas décidé, avec sa gravité souriante et le souci de comprendre et d'être compris. Il faisait souvent allusion à ses origines ouvrières pour justifier son propre appétit de justice sociale et sa confiance, en ce sens, dans l'efficacité du système scolaire. Ses qualités de pédagogue et sa grande humanité furent mises en relief lors de la cérémonie du départ à la retraite à la mairie du XIIe arrondissement; j'y assistais,,, un peu dépité de n'avoir pas à m'exprimer sur le Directeur d'Ecole Normale qu'il avait été dans le passé, mais on fêtait le fonctionnaire parisien.


Il avait quitté Vincennes pour venir demeurer dans le XVe arrondissement, rue Franquet. La mort brutale de sa fille unique en 1988 le frappa de plein fouet. La force de caractère bien connue lui donna le courage de veiller sur la scolarité de sa petite-fille Vanessa dont l'affection ne lui manqua jamais. Je garde le souvenir de ce couple charmant que j'aimais côtoyer et qui vint assister à mon propre départ en retraite à l'Ecole Normale de Livry-Gargan (Seine Saint-Denis) en juin 1991

28 juin 1991 - De gauche à droite : M. Vincent, Maire de Livry-Gargan, Robert Coudert, Jean Palméro, assis, appuyé sur sa canne. Mme Soulier Principale du Collège et maire adjointe de Livry-Gargan. 

Dans les années 1990, les problèmes de locomotion l'obligèrent à limiter ses déplacements : la hanche le faisait souffrir. Nous avions l'habitude de nous retrouver à « La Chope d'Alsace », place de l'Odéon où nous déjeunions joyeusement. Il y venait par métro et moi par R.E.R. Un mercredi, à midi et demie il n'était pas encore là ; je le vis monter avec peine les marches de la station et je compris qu'une page se tournait, qu'il entrait dans un âge où sa liberté d'existence était menacée. Nos entretiens devinrent téléphoniques, car il répugnait à faire montre de ses difficultés de santé. J'ai sous les yeux un mot laconique de lui, peu avant l'échéance : « /... / ma santé n'est pas brillante mais je fais avec. » C'est bien cela, il a toujours «fait avec», aux temps du bonheur, sans en tirer gloire, comme aux moments où le courage s'imposait.

Comme beaucoup d'enseignants, j'avais acheté en 1958 l'«Histoire des Institutions et des Doctrines Pédagogiques par les textes» (Sudel). Ce précieux livre, « né de son absence » comme il l'écrit dans l'avant-propos. Il y a là une mine d'informations classées, commentées avec une précision sans égale, depuis l'enseignement dans la Grèce Antique jusqu'au mouvement d' "Education Nouvelle". Ce livre est tout Jean Palméro : Ne rien avancer qui ne soit corroboré par des documents, des événements, des points de vue de pédagogues : l'intégrité jusqu'au bout. On n'aura garde d'oublier que sa formation universitaire fut littéraire et philosophique. Devenu Docteur es-lettres, il avait publié en 1955, en collaboration avec Simon Lantieri, professeur de philosophie au Lycée de Valence, la « Philosophie par les textes », deux tomes parus chez Sudel, préfacé par Gustave Monot, directeur général de l'enseignement du second degré. Là, déjà, les développements des auteurs s'appuyaient sur des écrits authentiques. S'y exprime le souci pédagogique d'ouvrir le lycéen, l'étudiant, à la connaissance des théories philosophiques, sociologiques les plus récentes, d'insister sur l'éducation de la volonté, sur l'intérêt des grandes doctrines de la vie morale, sur l'idée de responsabilité, de communauté, sur l'évolution du concept de démocratie. Commentateur lucide des philosophes, des grands pédagogues, Jean Palméro n'a jamais cessé d'apparaître comme un moraliste de l'éducation.

Nul doute qu'il a passé à Privas ses meilleures années - où il avait alors tout loisir de voir sa délicieuse fillette, Danielle, virevolter dans les jardins de l'E.N. - Il me l'a dit et redit.

Il me savait proche du couple LEGENDRE (M. Legendre était - fait du hasard - Inspecteur d'Académie dans le Val d'Oise où j'exerçais après avoir été, vingt ans plus tôt, mon professeur de français à l'E.N. de Privas) et il me chargeait de messages à son intention, et vice-versa. A ce jour je reste le seul élément vivant du quatuor d'ex-Ardéchois exilés à Paris...


Il était bien temps de témoigner.


Robert COUDERT

Promotion 1951-55

E.N. De Privas

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M
<br /> Les quelques lignes de monsieur PALMERO sir la laÏcité  dans"mon premier poste" m'ont énormément aidée dans mon métier, franchement il n'y a rien à changer . J'ai ainsi pu régler avec<br /> fermeté mais sans la moindre agressivité des problèmes du genre "une maman nm'a apporté de la propagande pour une secte à distribuer" j'ai pu avoir une position très claire , en ce qui concerne<br /> ma vie personnelle , j'ai observé la plus grande discrétion dans ma pratique religieuse, j'étais l'institutrice de tous les enfants<br /> <br /> <br /> merci  monsieur Palmero<br />
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