Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Recherche et échange de témoignages sur une institution aujourd'hui disparue : l'Ecole Normale d'Instituteurs (ou d'Institutrices)

Publicité

SYNDICAT et POLITIQUE

Le Syndicat National des Instituteurs était pour nous une notion vague lors de notre entrée à l’E.N. mais parmi les cartes « obligatoires » il y avait celle du S.N.I. On nous disait que cette carte donnait droit à des réductions dans certaines librairies ! ! ! (1)

A cette époque le S.N.I., en Ardèche, était marqué par la lutte entre deux femmes Yvonne ISSARTEL et Yvonne BARRUEL et j’ai assisté à des affrontements mémorables entre les deux Yvonne.

La laïcité nous semblait un point important. Nous étions appelés à devenir des instituteurs de l’école laïque et, pour beaucoup d’entre nous, laïcité et religion étaient antinomiques… et nous regardions – à tort – d’un mauvais œil les rares normaliens qui allaient à la messe. Lorsqu’il fallut faire signer la pétition contre la loi DEBRE les normaliens ont été nombreux à y participer.

A priori l’E.N. semblait peu politisée. En première année nous étions quatre : Robert CHEYNEL, Robert VILA, Denis JEAN et moi à avoir créé une cellule de la Jeunesse Communiste. D’autres sont venus nous rejoindre, certains comme sympathisants. Nous avons justifié l’invasion de la Hongrie en 1956 ! ! ! Excepté GAIRARD, les profs étaient souvent réactionnaires mais le Directeur de l’E.N. était apprécié pour ses interventions au réfectoire contre la guerre d’Algérie et contre le coup d’état de DE GAULLE en 1958. Je me souviens qu’un jour de novembre 1956 GAIRARD est entré dans la classe en nous disant : « Vous êtes prêts pour partir à la guerre ? » C’était l’affaire du canal de Suez et la possibilité évoquée d’une 3e guerre mondiale.


Notre cellule des J.C. était « suivie » par un membre de la direction du P.C. de l’Ardèche : Jean COULOMB. Mais ce dernier a été exclu du P.C. pour avoir assisté à une réunion « trotskiste ». Nous avons demandé des explications à la direction fédérale. Nos réunions avaient lieu au « Café du Siècle », en face le « Café du Jardin » et nous faisions le compte-rendu des manifestations auxquelles nous participions. Ainsi chaque année des normaliens de toutes les J.C. des E.N. se rencontraient à Paris et l’E.N. de Privas était toujours présente, avec souvent des sympathisants (COSTE, FARGIER…). Les normaliennes étaient invitées à nos réunions mais elles devaient ruser afin que la directrice de l’E.N.F., mademoiselle MATHIEU, n’ait pas connaissance de leur présence au « Café du Siècle ».

La guerre d’Algérie a marqué cette période. (2) Des journaux interdits circulaient sous le manteau. Le P.S.U. organisait, la nuit, des séances de collages d’affiches et d’inscriptions de slogans à la peinture. Nous faisions le mur, côté Hôpital Sainte-Marie en sautant sur une plate-forme puis sur le trottoir. C’était souvent des parties de cache-cache avec la police. Nous rentrions par la porte d’entrée et étions certains que, si l’on nous découvrait, nous ne serions pas punis.


Claude PRADAL




1 – Et c'était vrai ! Cette carte, qui s'appelait « CARTE DE NORMALIEN », nous assurait dans la plupart des librairies de Grenoble une remise de 10% au même titre qu'une carte d'étudiant. Et il n'y avait pas que les librairies: Nous allions régulièrement nous faire couper les cheveux au salon « Alexandre », parce que, sur présentation de la carte, le patron offrait aux étudiants et aux normaliens une substantielle réduction.!

 

















.

2 - L'administration ne pouvait pas donner d'autorisation officielle pour permettre aux normaliens (tous internes) de participer aux manifestations en faveur de la paix en Algérie. Il fallait donc trouver d'autres moyens pour marquer sa solidarité avec ceux et celles qui étaient dans la rue. En décembre 1961, quelques mois avant la fin du conflit, à Valence comme à Privas, normaliens et normaliennes avaient choisi de faire une grève de la faim de 24 heures. L'évènement fut relaté dans la presse locale. (voir l'article du Dauphiné Libéré ci-contre)


Gilbert SAGNARD (1952-56)


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article