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Recherche et échange de témoignages sur une institution aujourd'hui disparue : l'Ecole Normale d'Instituteurs (ou d'Institutrices)

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METEO


Je répète que j’ai beaucoup oublié de ma vie à l’E.N. : par exemple, je ne me souviens pas de la transformation du jardin expérimental en terrain de sport! Je nous revois toujours trottiner, sauter, lancer, jouer,… avec Mr Tirman, dans la cour même de l’E.N.
Mais je revois bien la « cabane du jardinier » dans laquelle j’ai fait mes révisions pour le bac, et je revois particulièrement bien le bassin circulaire, pour la bonne raison qu’en 1955-1956 j’étais chargé des relevés météo : le pluviomètre se trouvait fixé à la rambarde de ce même bassin !

Normaliens dans le bassin circulaire gelé. On aperçoit le pluviométre au sommet d'un piquet sur la droite.                                                           Photo Claude Barratier

Cette année-là donc (55-56), je redoublais ma 3e année et on m’avait chargé, en guise de corvée, des relevés météo. Tous les matins, avant 8 heures, je devais noter les températures mini et maxi des dernières 24 heures, la pression barométrique, je devais estimer la vitesse du vent, la visibilité (5m, 10m, 100 m, 3km, 5km, etc.…infini), et bien sûr, mesurer la hauteur des précipitations.
A la fin de chaque mois, il me fallait établir les moyennes de toutes ces données pour les envoyer aux services de la Météorologie Nationale. Et les calculettes n’existaient pas!!!
Mais cette corvée ne me déplaisait pas. Je crois même que j’en étais un peu honoré.
Toujours est-il que je détiens certainement encore aujourd’hui les records météo suivants, tous établis au cours du mois de Février 1956 :
- la plus importante chute de neige enregistrée à Privas depuis la création de la Météorologie Nationale : 90 cm mesurés près du bassin, sous l’œil amusé de Mr Berriot, notre Directeur, qui m’encourageait de sa fenêtre.
- la température la plus basse jamais enregistrée à Privas : - 18°, si mes souvenirs sont bons.
- et sans doute le record du mois le plus froid.
Il a fait froid pendant à peu près tout le mois :
-nous gardions nos pyjamas sous nos vêtements en guise de caleçon !!!
-dans le lit des filles du collège, les bouillottes étaient, paraît-il, transformées en glaçons ,
-les vignes et les oliviers du Sud de l’Ardèche avaient gelé,….

Je détiens un autre record météo, mais celui-là, je l’ai toujours gardé secret!
Tous les jours, sécheresse ou pas, consciencieusement, j’allais vérifier le pluviomètre. Ce jour-là - et je suis sûr qu’il n’était pas tombé une seule goutte d’eau de toute la semaine - mon pluviomètre était plein à ras bord et un poisson rouge y nageait !!!
Cela, les services de la Météo Nationale n’en ont rien su !!!

Je vous ai dit que le pluviomètre était sur le bord du bassin; on m’avait fait une farce plutôt sympa. Elle m’a fait sourire, mais je n’ai jamais su qui en était l’auteur. J’attends qu’il veuille bien se dénoncer dans ce « Blog ».


Paul Vuillerme
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F
Merci messieurs de ces informations..cordialement,fabien locher
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P
Merci, Gil. C'est exactement ce que je voulais répondre à Mr Fabien Locher. Ces services nous paraissaient tout à fait naturels, à nous qui vivions en internat. Et comme notre E.N. était petite, il n'y avait pas énormément à faire !!! Aujourd'hui, ce serait sans doute bien différent. <br /> Qui m'a passé les consignes ? Je ne m'en souviens pas. Mais je me souviens qu'à chaque fin de mois je transmettais les relevés à un vieux professeur dont j'ai oublié le nom. Celui-ci les vérifiait et les expédiait aux services de la Météo. Comme il faisait cela depuis de très nombreuses années, il collectionnait , disait-on, les diplômes et les médailles de reconnaissance des Services de la Méréorologie Nationale. Mais personne n'en était ,le moins du monde, jaloux!!!
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G
 <br /> Dans notre E.N. (primaire) chaque élève se voyait attribué en début d'année scolaire un service, que nous baptisions « corvée » mais qui n'était nullement une punition.<br /> Certains de ces services étaient évidemment plus valorisants que d'autres, et c'est pourquoi notre ami Paul pouvait se sentir honoré de la confiance qu'on lui faisait en lui confiant les relevés météo.<br /> <br /> Le pluviomètre était au sommet d'un piquet fixé à la rambarde d'un bassin où nageaient des poissons rouges. A mon avis les Cyprins dorés ne sautent pas aussi haut, et il faut bien admettre que la présence de l'un d'entre-eux dans ce pluviomètre n'était pas naturelle. Toutefois je peux vous assurer que cet instrument était surtout utilisé pour mesurer la pluviométrie, et très rarement pour faire des blagues.
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F
cher monsieur,j´ai lu votre blog avec grand interet, il est instructif et emouvant. Il se trouve que je suis historien des sciences, et j´ecris en ce moment un article specialise sur la meteorologie dans les ecoles normales superieures, depuis leur instauration en 1864. je cherche a rendre compte de ce que cela representait pour les eleves de proceder a ces mesures. Si j´ai bien compris ce que vous ecrivez dans le blog : 1. c´etait une corvee, donnee en punition (pour redoublement ?)2. c`etait en meme temps pour vous une sorte d`honneur d`etre charge de cette tache 3. le pluviometre servait a faire de blagues ?est-ce exact ? vous souvenez-vous qui vous apprenait a manipuler les instruments ? etiez-vous seuls ou plusieurs a observer ? et pendant les vacances, pas d`observation ?pardon de toutes ces questions,cordialement,Fabien Locher
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