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LA NORM' en BLOG


NORMALOS

undefinedIl fut un temps où vivaient dans notre pays quelques centaines de jeunes gens et jeunes filles nommés "Normalos".(ou "Normalottes") qui cohabitaient pendant quatre ans en un lieu fermé que, dans leur langage, ils appelaient "la Norm' " ou "l'Ehenne". Après quatre années passées à travailler ensemble dans une atmosphère de solidarité où se nouaient des liens indestructibles, ils devenaient Instits, ou pédagos.
En d'autre termes, en un temps pas si lointain le mot "Normalien" ou "Normalienne" ne désignait pas uniquement une personne fréquentant l'École Normale Supérieure, mais il s'appliquait également à tous ceux et toutes celles qui résidaient dans une École Normale Primaire, et comme, en principe, il y en avait deux par département, cela faisait beaucoup de monde.
L'appellation officielle de l'institution était "Ecole Normale d'Instituteurs", ou "d'Institutrices" mais on parlait couramment d'E.N. de garçons et d'E.N. de filles. (ENG et ENF)

La MUTATION
Pour ceux et celles qui, comme moi, étaient pensionnaires dans une E.N.I. il ne faisait alors aucun doute que ces établissements étaient une des institutions fondamentales de la République et qu'ils ne pouvaient disparaître qu'avec elle. D'ailleurs le régime de Vichy n'avait-il pas supprimé les Ecoles Normales ?

Pourtant en 1989 elles furent condamnées à disparaître pour être remplacées par les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres). C'est un souci louable que de vouloir élever le niveau de connaissance des enseignants du premier degré, qui accèdent ainsi au titre de « Professeur des écoles», mais un grand nombre d'« Instits » formés par les E.N.I ont regretté cette décision. C'était un peu comme si on touchait à leurs racines. 

Beaucoup pensent aussi que le titre d'instituteur était plus approprié,  et Georges Pascal, qui fut professeur de philosophie aux Ecoles Normales et à l'Université de Grenoble leur donne raison dans un courrier adressé en mai 2007 au Dauphiné Libéré :

"Professeur honoraire des Universités, j'ai été heureux de voir dans votre édition du 12 mai la photographie de 36 de mes anciens élèves des Ecoles Normales d'instituteurs et d'institutrices de Grenoble (promotion 1946-1950). J'aimerais leur faire savoir que de mes 45 années d'enseignement, les 10 années passées avec eux et leurs successeurs sont celles dont je garde le meilleur souvenir. Et aussi que je les félicite de vouloir se dire « instituteurs » plutôt que « professeurs » : peut-être se souviennent-ils que le chapitre des Essais de Montaigne consacré à l'éducation s'intitule « De l'Institution des enfants » et que selon l'étymolomogie, l'instituteur est celui qui « met debout », c'est à dire qui élève. Le professeur enseigne une discipline, l'instituteur forme l'homme."

Anciens et anciennes élèves des Ecoles Normales dites primaires, ce "blog" est destiné à recueillir vos témoignages en toute simplicité.
Quatre ans à suivre ensemble le même programme d'études, dans le même lieu, à partager les mêmes repas, les mêmes soucis, le même objectif, ça laisse des traces...
Les E.N.I n'existent plus, à nous de les sauver de l'oubli en publiant des documents, des photos, ou des anecdotes qui permettront à d'autres de se faire une idée de ce que nous avons vécu.
Vous pouvez expédier textes et documents par courriel à l'adresse suivante :   gilsblog@orange.fr  
 Vous pouvez aussi vous contenter d'utiliser la fonction, « ajouter un commentaire » accessible au dessous de chaque article. (En cas de difficulté cliquez sur le titre de l'article dans la liste ci-contre)

 

1948

 En cette année là, notre collègue  François Bénéfice, élève-maître de la promo 46-50 à l'E.N.I. de Privas, préparait son bac. C'est aussi l'année de la parution du premier numéro d'ENVOL, organe de la Fédération des Oeuvres Laïques de l'Ardèche.
Pour marquer le soixantième anniversaire du journal,  François a écrit dans le N° 278  (mars 2008), l'article suivant :


Pour le jeune élève-maître de l'École Normale d'instituteurs que j'étais en 1948, cette année là, ma préoccupation principale était bien sûr l'obtention du premier bac. Les cours étaient mixtes, à l'Ecole Normale de filles à Bésignoles où nous nous rendions deux fois par jour, dispensés par le couple Gairard et par l'historien un peu myope, Monsieur Bozon, tandis que Monsieur Zénouda animait les séances d'éducation physique J'ai oublié le nom de notre professeur de sciences qui me semble-t-il concurrençait mon accent du midi par un fort accent marseillais. "Zeus" présidait cette année là à la renaissance de l'E.N. d'instituteurs à laquelle il était particulièrement attaché depuis sa réouverture à l'automne 1945. Il veillait avec une vigilante attention au bon fonctionnement de l'école et à la bonne tenue des élèves-maîtres futurs porte-drapeaux de cette laïcité renaissante encore fragile après les sévices des gouvernements de Vichy. Rassemblés sous les arcades de la petite cour intérieure, nous avions droit régulièrement à quelques observations sur notre tenue dans et hors de l'école, sur nos résultats scolaires et notre censeur, le menton dans la paume de sa main droite, la gauche soutenant le coude droit écoutait avec gravité mais bienveillance nos explications balbutiantes. Un mea-culpa laïque en quelque sorte ? Surtout l'apprentissage de la responsabilité de ses actes et l'apprentissage de cette morale laïque gravement mise en cause ces derniers jours par notre Président de la République que ce soit au Vatican ou en Arabie Saoudite... Si en 1948 la '"droite pétainiste" avait momentanément mis en sourdine les revendications des tenants de l'enseignement confessionnel, à l'initiative de quelques grands anciens, les forces laïques de notre département s'organisaient dans la Fédération des Oeuvres Laïques tandis que renaissait le Syndicat des Instituteurs aux objectifs duquel nous étions, nous., jeunes élèves-maîtres déjà sensibilisés. La défense de la laïcité, je devrais écrire la promotion de la laïcité, était pour nous, un élément essentiel de notre engagement de futurs enseignants.



L'Ecole Normale d'Instituteurs de Privas en 1948


Sur cette photo sont présents les normaliens des 4 promotions :
1944-48 : qui, nous dit François, « étaient revenus de Tournon à la rentrée 1946 »
1945-49 « avaient fait la réouverture de l'E.N. » préparaient le 2e bac.
1946-50  préparaient le 1er bac.
1947-51  Les « bleus »


De gauche à droite et de haut en bas :

Rangée du haut

SOULIER Marc (46); POUDEVIGNE Fernand (45/46); BENEFICE François (46); HABAUZIT Jean-François (46) THERON Paul (46); COULOMB Jean (46); FAURE André (44); GASC Pierre (44); DURAND Raymond (46); ARGENSON Raymond (46);  BONNAUD Adrien(44)

Rangée du milieu :

NOUET Guy (47); CHARRA Robert (47); OZIL Jacques(44/45); MOUNIER Albert(46) BERNARD Jean(45); JOUVE Marc (44); IMBERT Georges (44); GAILLARD Roger (45); BRES Jean (42/44); GAILLARD dit Bambou; LAFLOTTE (45) transfert de Clermont Fd.

Rangée du bas :

FABRE Marcel (47); RABANIT Jean-Marie (47); MALSERT Jean(46); SALLES Paul (46); ROUMEAS Maurice (dit Arthur) (45); ZENOUDA (Prof de gym): MONTMARD dit « Zeus »; AVENAS (Pion); REYNAUD Pierre (47); PICHOT René (47); DURAND René (47); REYNAUD Max (47); PISSERE (47); DURAND André (46)

Les nombres qui suivent chaque nom indiquent l'année d'entrée à l'EN.



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